Festival international du Court- Metrage 2
Prologue (3 semaines plus tôt)- Et avec l'abonnement à 30 euros, vous avez droit à une place pour l'ouverture.
Moi: chouette.
- Qu'est-ce que vous préférez, la séance à 19h ou celle à 22h30?
Moi: mouais, je vais pas galérer à 1h du mat dans les transports en commun, je prends donc la séance à 19h.
Samedi 1 février - séance d'ouverture de 19h.
C'est la première fois que je me rends à la séance d'ouverture. Sachant que cette année fête le 30ème anniversaire, je m'attends à une séance exceptionnelle avec une retrospective en images des 30 ans.
A l'entrée, la soirée s'annonce prometteuse puisque sont distribuées des lunettes 3D.
L'amphi est comble, 1400 personnes.
Autant aller au but, ce sera 2h30 de blablas. Pour cela, le court n'a rien à envier au long. Pendant deux heures et demie, des peronnes sur scène s'autocongratulent, se remémorent les soirées de leur jeunesse qu'on en a rien à cirer.
Imaginez entendre 20 fois: "je suis content d'être à Clermont" " Hmmmm, I'm happy to be here tonight with you".
" Machin, qui a fait ce merveilleux film primé en 1979 que vous vous rappelez tous", justement non, tout le monde n'était pas né en 79 ou pas forcément en âge de courir les festivals. Croyez-vous qu'on aura une projection du merveilleux film de machin? Non.
Il y en a qui n'ont toujours pas compris que le meilleur moyen de parler de sa passion du cinéma, c'est projetter le film. Qu'est-ce que le public en a à foutre de savoir que tel jour de 1984, à 1h40 du matin, Truc était saoul?
3 extraits de films trop vite expédiés et du baratin, chiant, inutile lourd.
Au bout de deux heures de ce régime, le public, du moins, moi et ce qui est autour de moi, n'a que ça à la bouche:
- Mais ta gueule!
- Mais il va la boucler!
- Encore ? Mais il y en a encore combien qui vont parler?
- On s'en fout!
- Putain, mais passez-nous un film, bordel!
Insupportable branlette collective devant 1400 spectateurs.
Au bord de l'exaspération, on nous annonce un spectacle inédit, une retrospective du cinéma 3D avec des pièces perdues de 1935, 1950 etc...
Merde, un mec qui cause. Et il ne s'arrête plus. Ce qu'il dit pourrait être passionnant, il parle de sa methode de travail et de sauvegarde des vieilles bobines, de la façon dont les cinéastes ont abordé la 3D de Louis Lumière à Pixar.
Malheureusement au bout de 2h30 de blabla ineptes, ça ne passe plus. Ce qui aurait pu être un admirable exposé devient insupportable de pédanterie.
Et les fausses pannes? Une première fois, le film ne démarre pas. " Il y a une problème technique, Brunoooooooooo?, bon je vais vous faire une anecdote." 10 min de plus de blabla.
3 pannes ou 4, je sais plus. J'ai envie d'agonir d'injures ce pipelet, les mémés à ma gauche ne se gênent plus d'ailleurs. C'est insupportable.
Enfin, les films en 3D, animations, film... C'est extraordinaire de voir flotter ce poisson au dessus des spectateurs, comme de voir ce film publicitaire de 1939 présenter le montage d'une voiure à la façon d'un ballet de pièces détachées, de d'esquiver la balle jetée par un jongleur russe de 1952.
Petite surprise pour la fin : G Mélies 1903.
Courts morceaux de Méliès: le chaudron infernal et l'Oracle de Delphes.
Tournés avec deux caméras simultanées pour éviter le piratage. La première copie part aux USA, la seconde en Europe.
Mais si on passe les 2 en même temps... 3D.
Bref, un spectacle unique, inédit, splendide, pourri par 2h30 de blabla.
Par pitié, la meilleure façon de parler au publicde cinéma, c'est projetter un film. Nous étions venus pour ça. Pas pour entendre vos souvenirs de l'an 40, gardez ça pour votre intimité.
L'an prochain, j'irai à la séance de 22h30...
Publicité