Chroniques d'un temps futur 24

Publié le par M.

18 Mayal 1619.

Le Seigneur Talyek n'est pas un maître très exigeant, il ne m'a pas fait l'honneur de sa présence durant les deux mois qui ont suivi notre première entrevue.

Tant mieux, je suis libre de mes journées, libre de les passer parmi les Banques, à scruter les possibilités.
J'ai eu accès aux données des fondateurs, la plupart n'ont pas eu de descendance, on estime à 75% la richesse perdue.
Je suis ébahie par tant de profusion génétique. C'est comme s'il avait jadis existé plusieurs races.

Il est possible de reconstituer artificiellement des séquences ADN, la difficulté étant, comme j'ai dû l'évoquer il y a quelques années, de fixer la séquence sur un embryon.

J'ai fouillé dans tous les rapports, il y a eu aucune tentative de récupération de l'ADN perdu. Ce n'était pas une préoccupation prioritaire, les fondateurs pour la survie, les anciens ont lutté pour créer une société. Celle-ci étant stabilisée, il est temps de l'améliorer.

J'ai décidé de me lancer dans un travail de recherche et de répertoire des allèles anciens qui pourraient être utile.
Cela risque de m'occuper une année durant. Tant mieux.

J'oubliai un détail important. De classe D, je suis passée hors-rang. Mon espérance de vie dans cette caste intermédiaire est portée à 100 ans.
Et voilà l'objet de la rancoeur de mes collègues, caste intermédiaire, un état instable entre le Commun: les castes de A à E et l'Ordre Noir, la caste dirigeante. Certains y resteront toute leur vie, d'autres repasseront de l'autre côté de la barrière, et les rares élus accéderont enfin au rang suprême. Mais l'accès est par cooptation, et le Seigneur Talyek n'a pas choisi d'apprenti depuis longtemps, le moment est propice à l'élevation de l'un d'eux. Moi, j'arrive au bon moment, et visiblement la taille de mon appartement me marque en tête de la course.

Je m'en moque. Mon ambition déplacée a failli me coûter mon néo-cortex. Je ne rentrerai plus dans ce type de jeu. J'ai la liberté de choisir mes recherches, je suis libérée des basses tâches ingrates, rien ne me va mieux.
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Publié dans chroniques du futur

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