chroniques d'un temps futur 8

Publié le par M.

31 Martre 1617 de l'Exil.


On peut considérer les quatorze mutants comme viables et aptes à la mise en crèche. Mon premier projet de recherche est un succès. Ma création va officiellement rejoindre la banque des gènes qui contient tous les codes passés, courants et à venir.

Ils sont encore là, ces vieux allèles obsolètes, éliminés fur à mesure du décès des inadaptés, la richesse de notre monde. Car malgré les 14 millions d'habitants peuplant cette lune, viendra un jour où la reproduction endogame sera notre perte. Il faut du brassage, de la nouveauté, l'accélération vers la pureté de la race pourrit l'ADN, je dois tenir compte de cette règle pour mes futurs projets, fabriquer des mutants aux gènes variés et peut-être piocher dans ce vivier de code abandonné. Quelle gageure.

Heureusement qu'on m'a implanté des amplificateurs neuraux et des biopuces mémoire supplémentaires. Cela me permet d'avoir en tête les détails du génotype humain.

Mon ADN est enregistré là, prélevé dès le triage, parmi tous les maîtres ayant existé depuis la fondation, à part dans la banque, c'est un de mes passe-temps favoris, lire et relire ces suites d'acides aminés qui font ce que je suis, relever ce qui est bien et ce qui aurait pu être changé, je n'aime pas cet allèle archaïque sur le chromosome 3, presque une tare.

Les Ténèbres en soient louées, je ne le transfèrerai pas à une descendance.


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Publié dans chroniques du futur

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