chroniques d'un temps futur 5

Publié le par M.

14 de Cendres (CU – Calendrier Universel) 1615 de l'Exil.


Aujourd'hui marque mon quinzième anniversaire. Il n'y a pas eu de cérémonie particulière. J'ai survécu un an de plus dans ce purgatoire dépourvu d'air et de lumière aux vastes étendues stériles. En tant que maître, j'ai l'espoir de vivre encore soixante ans. L'espérance de vie a considérablement augmenté depuis l'an mil, mais elle est insuffisante pour combler le taux de mortalité. Le bétail est éliminé vers quarante ans pour les femelles et cinquante cinq ans pour les mâles, les laborieux meurent d'épuisement avant trente ans. Il y a encore trop de mortalité infantile. 30% des enfants ne sont pas viables.

Comment pourraient-ils l'être? Le corps humain est prévu pour exister dans une atmosphère azote-oxygène, à la lumière d'une étoile proche, à une gravité autour de 1g.

La faible gravité est un problème majeur, les muscles s'atrophient et les os s'affinent, trop d'enfants naissent avec les os en verre, trop d'enfants peinent à synthétiser les vitamines.

Nous ne mutons pas assez vite et l'apport des armures symbiotiques ne compense nos insuffisances organiques.

Chaque tour possède son générateur d'ADN qui permet de combiner les acides aminés pour créer les nouveaux gènes indispensables à la survie, mais leur implémentation dans les prochaines générations s'avère plus difficile que l'avaient prévue les anciens. Les gènes artificiels sont fragiles et se combinent mal à la chaîne naturelle. J'ai compulsé les schémas durant des ahres et des ahres, rien ne semble coller. Ce flot de lettres finit par devenir illisible et m'obsède.

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Publié dans chroniques du futur

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