faites des dons

Publié le par M.


Faites des dons ! sidaction, téléthon, et autres téléconneries
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Et puis quoi encore ?

Régulièrement, le monde médiatique s'emballe pour une noble cause. Tout le monde y va de son couplet à faire pleurer Margot, impossible d'échapper à cette hystérie collective qui se poursuit quelque fois dans la rue.
Tout cela pour faire cracher ses ronds au populo.

"N'oubliez pas, faites un don", litanie répétée au moins une fois par heure par des gens payés 1 SMIC à l'heure.

Il y a quelque chose de risible, d'indécent à entendre ces stars appeler à la solidarité alors qu'elles sont en procès pour fraude fiscale, à les voir chanter pour les sans-logis tout en faisant payer leur descente au palace du coin par l'association organisatrice (cf les propos récemment tenus par Y. Noah).

Mais derrière tout ça, il y a un modèle de société qui se profile. Un retour à l'ordre passé où la solidarité ne serait assurée par la charité.
Depuis la IIIème république et la progressive instauration d'un Etat social, d'un Etat providence, la recherche scientifique, la prise en charge des necessiteux est prise en charge par l'Etat, par l'impôt. Impôt qui est sensé être versé en majeure partie par les classes supérieures.
La logique du contrat social. Cela fonctionne bien dans un modèle de démocratie tel que décrit Tocqueville, un modèle où les classes sociales sont instables, où l'ascenseur social fonctionne dans les deux sens.
C'est le principe de l'impôt sur les successions : donner à chacun les mêmes chances de départ dans la vie, ainsi l'élevation sociale est dû au mérite et non pas à la naissance et à l'héritage de papa.
On constate aujourd'hui une fixation des rangs sociaux, malgré des starisations audio-visuelles chargées de faire croire le contraire. Si la génération née après guerre pouvait , fils d'émigré  ou d'ouvrier, accéder aux hautes fonctions, ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui, toutes les études sont formelles. Les fils de cadres seront cadres, les fils de chômeurs ont toute la malchance de rester chômeur. C'est hypocrite de dire le contraire.  Afin de grimper, il ne reste plus que les concours de la FP ou la staracadémie.

La solidarité n'a de valeur que dans une société aux classes instables. Un "riche" paiera d'autant plus facilement son impôt à la solidarité d'autant plus qu'il y a un risque que lui ou un de ses descendant se retrouve à en dépendre. C'est le principe du modèle de méritocratie théorisé au XIXè siècle.
A présent que les classes sociales supérieures sont assurées du confort de leur descendance, pourquoi payerait-elles pour les autres? C'est vrai, ça, et puis pourquoi ceux qui ont décidé de ne pas avoir de gosses devraient payer l'éducation des gosses des autres? Pourquoi ceux qui sont jamais malades devraient raquer les hospitalisations des malades chroniques? Marre de payer pour les autres!

La société individualiste est en marche. Ainsi peu à peu s'impose l'idée de l'impôt volontaire. Ceux qui veulent donner pour la solidarité payent, les autres gardent leurs ronds pour s'acheter des écrans plats.
Rappelez-vous la parabole de la veuve dans les Evangiles, elle traduit une certaine réalité actuelle. Si le riche donne au Temple une part de son superflu, la veuve a donné avec deux piècettes de cuivre (opération pièces rouge?) le necessaire. Elle a sacrifié son repas pour donner au temple.
Car plus on est pauvre, plus on est généreux, des émissions TV douteuses comme Pékin express s'appuient d'ailleurs sur ce fait. Le Télécon applique cette règle à la lettre. Ainsi peu à peu, la solidarité nationale s'appuira sur la générosité des pauvres, pour le plus grand confort des autres.

D'ailleurs, moi, je donne rien. Je préfère m'acheter un écran plat et mépriser toute cette vaine agitation.

. Car depuis 50 ans il y en a eu des Télécons et pour quel effet ? L'abbé Pierre s'égosillait depuis 54, les sans-abri sont toujours là, et ils seront de plus en plus nombreux. Ainsi les Télécons continueront à piller allègrement les pigeons cons-entants.
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